Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Sir 2215 Un sac de sable ou de sel, un bloc de fer, c'est plus facile à déplacer qu'un imbécile.

Le sel est un élément indispensable à tout être humain. Notre corps baigne dans une solution saline.

Le sel occupe une place fondamentale dans la création, puisqu’il se rattache aux quatre éléments : la terre (de par sa nature cristalline), l’eau (la mer), l’air (qualités vivifiantes de l’air marin), et le feu (c’est le feu du soleil qui permet, par évaporation, de recueillir le sel).

Dans de nombreuses civilisations, les hommes établissent un lien entre le sel et Dieu d’où sa place dans la religion, les traditions, les superstitions et même la sorcellerie.

L’usage premier du sel est d’assaisonner la nourriture pour en rehausser le goût, il est la sagesse qui donne le goût des choses de Dieu mais il permet aussi conserver, de purifier les aliments, il est symbole d’éternité. Pour l’Eglise de Rome, c’est le symbole de l’alliance avec Dieu et de la pureté car il détruit les péchés. Dans son tableau représentant la Sainte Cène, Léonard de Vinci place une salière renversée sous le coude de Judas, est-ce pour symboliser une alliance rompue ?

Du côté plus négatif, le sel peut être symbole de stérilité et de malédiction, il assèche. Lorsque les soldats Romains avaient du mal à conquérir un territoire, ils asséchaient les terres avec le sel pour les stériliser et affamer le peuple.

On en trouve partout dans la nature, mais très inégalement réparti dans le monde, élément nécessaire à la vie. Le sel est aussi considéré comme le symbole de l’hospitalité et de l’amitié.

Dans l’Antiquité, chez les Hébreux ou les Arabes, tout comme pour les Grecs, manger ensemble le pain et le sel signifiait sceller un pacte ou se jurer amitié, symbole de l’hospitalité.

Don des Dieux, on se devait de l’offrir lors des sacrifices (aussi peut être pour que les prêtres puissent conserver les offrandes que le peuple leur faisait).

Sel et superstitions

Aujourd’hui encore, des Japonais répandent du sel sur le seuil de leur maison ou à l’intérieur, après le départ d’une personne peu appréciée (pour purifier leur maison).

Avant un combat, les lutteurs de sumo en sèment sur le ring en signe de purification et pour que l’affrontement soit loyal.

En Scandinavie, on se protège des mauvais esprits et des démons en saupoudrant une pincée de sel. En Suède, on met du sel dans le lait qui vient d’être trait, pour protéger la vache. On faisait de même en Saintonge. En Charente, c’était un grain de sel qui était placé entre ses cornes pour la conduire à la foire.

En période de semailles, une peuplade d’Afrique répandait du sel sur un grand brasier afin de provoquer la pluie, sous prétexte que le sel attire l’eau. Par contre, dans la région d’Armagnac, le sel jeté dans le feu protège des orages !

Il y a peu de temps encore, en Europe, les femmes “salaient” leurs maris pour leur redonner de la vigueur aux ouvrages d’amour ! A l’inverse, il n’y a pas si longtemps encore dans nos campagnes, on disait d’une fille ou d’un garçon qu’il (ou elle) n’était pas “dessalé(e)” pour signifier qu’il’ (ou elle) n’avait pas encore été initié(e) aux “choses” de l’amour…

Certains affirment que la présence d’une salière sur la table est due au fait qu’à une époque, le sel pouvait être considéré comme un produit de luxe et, en le mettant à la disposition des convives, on leur témoignait de l’estime.

“Mettre son grain de sel” dans une conversation peut être interprété comme une intrusion dans des propos pour lesquels on n’est pas concerné !

En Angleterre, on plaçait sur le corps du défunt une assiette avec du sel dans lequel était enfoncée une bougie allumée : cela devait favoriser sa résurrection !

Au niveau des croyances populaires, renverser du sel à table est un présage de malheur. Par contre, pour se protéger d’un mauvais sort ne jette-t-on pas du sel par dessus son épaule gauche ? La justification de cette pratique serait que les mauvais esprits, se cachant du côté gauche, sont aveuglés par le sel, ce qui protège donc de leurs agissements. (Pour les musulmans le coté gauche est celui où sont enregistrées les mauvaises actions).

Au Danemark, renverser du sel porte bonheur s’il est sec, et malheur s’il est mouillé.

Aux États-Unis, on dit que chaque grain de sel renversé est un jour de tristesse. Mais si on rassemble les grains, et qu’on les jette sur la cuisinière, cela supprimera les larmes prédites.

Au Moyen-âge, on pensait qu’avoir du sel au fond d’une poche faisait fuir le démon, et qu’en disperser aux quatre coins de sa maison éloignait le mauvais sort.

À l’île de Man, le 1er novembre, chacun des habitants d’un logement renversait dans une assiette un dé à coudre de sel. Si le lendemain matin quelqu’un constatait que son tas s’était écroulé, cela était le signe qu’il allait mourir dans l’année.

La nuit de Noël, en Hesse, on remplissait douze pelures d’oignon avec du sel. Le lendemain matin, si le sel était fondu dans une pelure, son rang indiquait le mois où le malheur frapperait. Il était cependant possible de conjurer le sort en jetant dessus du sel bénit frais !

Dans le Béarn, lorsqu’une chouette ululait, on conjurait les maléfices en jetant une pincée de sel dans l’âtre et en disant : “Chouette, je te sale la tête et le cul, que tout mal que tu portes reste avec toi”.

On dit que le diable ne met jamais de sel dans ses plats ! C’est pour cela que le sel exorcise du Mal, mais aussi peut-être par ses vertus cicatrisantes et désinfectantes.

Il y a encore beaucoup à dire sur ce sujet : vouloir être exhaustif est aussi difficile que de mettre un grain de sel sur la queue d’un oiseau pour l’attraper.

Tag(s) : #Eglise Gallicane de Reims

Partager cet article

Repost 0